Tout là-haut au-dessus des toits.
Dans un quartier parisien, tout là-haut, au-dessus des toits, nous nous sommes retrouvés comme on se retrouve autour d’une énigme. La famille gracieuse, les enfants joueurs, leurs rires courant sur le balcon, et le ciel fluorescent.
Nous avons levé les yeux pour regarder le temps faire son étrange révérence. Un instant, l'irisation s’est faite plus tendre, ce 12 août, jour d'éclipse, le jour fatigué de courir, avait décidé de ralentir. Les enfants discutaient encore, sans savoir que nous étions en train de leur offrir un souvenir qu’ils porteront longtemps.
Car le temps passe. Il file entre nos doigts, il grandit les enfants, il creuse doucement les visages, il éloigne parfois ceux que l’on aime.
Pourtant, ce soir-là, il nous a réunis. Quelques minutes suspendues entre le soleil et la lune, entre ce que nous étions et ce que nous devenons.
J’ai regardé leurs yeux, leurs mains, leurs sourires, et j’ai compris que vieillir n’est peut-être pas perdre la lumière.
C’est apprendre à la reconnaître quand elle devient plus rare.
Alors gardons cet instant, comme on garde une petite flamme, la famille, les enfants, Paris sous nos pieds, le ciel au-dessus de nous.
Pour certains d'entre nous, c'était une expérience première, l'Éclipse 2026. 81 ans pour la prochaine.
En quittant la maison tout là-haut, j'ai sillonné Paname en vélo. Et tout semblait plus doux, plus calme, même le bruit des pneus sur l'asphalte me paraissait plus sourd.
J'ai rêvé titak au-dessus d'un pont, photographié la Seine et ses bateaux.
Et ce chant dans ma tête écrit quelques jours avant : je t'ai cherchée parmi les lumières... Au détour d'une nuit d'été j'ai admiré encore quelques vestiges que je connais presque par coeur, ici et là, dans la Cité des Lumières j'étais libre.
Et à entendre quelques notes de Zouk en passant devant un bar encore ouvert, je savais que c'était là, mon coeur battant, une des plus belles de mes soirées.
Tou boneman An Limiè épi tendrès qui me murmure doucement que le temps passe, mais l’amour, lui, sait parfois arrêter le temps.
Photos - Migail Montlouis-Félicité
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