De la baie du Mont Saint-Michel au "Fort Antillais" !

Et puis la poussière du Fort Saint-Père - Partie 3

Mais notre voyage avait une destination secrète. Ou plutôt une destination que nous connaissions depuis le départ.

Le No Logo BZH.

Nous quittons les remparts de Saint-Malo pour rejoindre le Fort Saint-Père. Le décor change. La pierre laisse place à la terre. La mer est derrière nous. Devant nous : une foule, des scènes, des vibrations, des basses et cette poussière qui finit par se déposer partout.

Sur les chaussures. Sur les vêtements. Sur la peau. Mais surtout dans les souvenirs.

Le Fort Saint-Père, construit au XVIIIᵉ siècle pour défendre Saint-Malo, devient le temps du festival une immense caisse de résonance.

Et soudain, la Bretagne se met à vibrer au rythme du reggae.

Et puis Kassav’

Et puis il y a eu Kassav’.

Alors là… Comment expliquer ? Comment raconter ce moment à quelqu’un qui n’a jamais vécu ce mélange étrange de fierté, de nostalgie, de joie et de reconnaissance ? Nous sommes loin des Antilles. Pourtant, lorsqu’arrivent les premières notes, quelque chose se rapproche.

An nou rivé.

Kassav’ n’est pas seulement un groupe. Kassav’, pour beaucoup d’entre nous, c’est une géographie intime. C’est la Guadeloupe et la Martinique qui se rencontrent. C’est une langue musicale qui a voyagé bien plus loin que ses îles natales. C’est le Zouk qui a traversé les générations, les océans, les frontières.

Et moi, qui ai tant de souvenirs liés à cette musique, je ne pouvais pas rester simplement spectatrice.

Je regardais. Je photographiais. Mais surtout… Je ressentais.

À côté de moi, mes trois copines qui dansaient. 

Nous étions quatre femmes antillaises au milieu de cette terre bretonne devenue, le temps d’un soir, un peu caribéenne.

La poussière montait sous nos pieds. La musique montait dans nos corps.

Et pendant quelques heures, le Fort Saint-Père avait quelque chose de chez nous.

Quatre femmes, une voiture, mille images

Au fond, notre road trip n’était pas seulement une escapade bretonne. C’était une traversée.

Nous avons traversé des paysages, des siècles d’histoire, des villes fortifiées, des ports, des tables, des routes et des kilomètres.

Mais nous avons surtout traversé nos propres souvenirs. Le Mont-Saint-Michel nous a offert le vertige. Pontorson, la pause.

Fougères, la pierre et la mémoire. Cancale, le goût de la mer. Saint-Malo, le vent et les embruns. Et le Fort Saint-Père… La poussière, la danse et Kassav’.

Quatre copines dans une voiture. Quatre femmes qui rient. Quatre femmes qui mangent. Quatre femmes qui photographient. Quatre femmes qui dansent. Et au bout de la route, cette évidence,

On peut partir loin de chez soi sans jamais quitter complètement ce que l’on est.

Parce que nous avions emporté nos Antilles avec nous. Dans nos voix. Dans nos rires. Dans nos corps. Dans notre façon de regarder le monde.

Et lorsque Kassav’ a fait vibrer le Fort Saint-Père, quelque part entre la Bretagne et la Caraïbe, j’ai compris que le voyage était réussi.

Nous n’étions pas simplement venues voir Kassav’.

Nous étions venues nous retrouver.

An nou ay…
An nou dansé…
An nou viv

 

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