KEROS'N au Zénith de Paris, la Guadeloupe en partage !

Pourquoi Keros-N ? Son nom évoque le kérosène, le carburant des avions. L'image de Sébastien Lurel, artiste guadeloupéen, dont la musique dépasse les frontières de son île sans rompre avec ses origines. Au Zénith, j’ai retrouvé cette présence guadeloupéenne dans l’ambiance comme dans les moments consacrés aux traditions musicales de l’archipel...

Ce 23 octobre, j’étais au Zénith de Paris en tant que vice-présidente du C'FOMM avec sa présidente Vanina Noël à l’invitation d’Air Caraïbes, partenaire de l’artiste qui nous a d’ailleurs remerciées.J’y assistais également en qualité de journaliste, conviée par Karine Lagrenade, attachée de presse de Keros-N. J’abordais donc cette soirée avec deux responsabilités distinctes, vice-présidente du CFOMM et journaliste. L’une m’amène à m’intéresser à la place des cultures ultramarines et à leur transmission ; l’autre m’invite à observer le spectacle, son contenu et la relation entre l’artiste et son public.

Une première partie assurée par des DJ et animateurs de Gwada. Près de 6 400 personnes, de plusieurs générations, même des parents et enfants, venues de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et d’Île-de-France, avaient fait le déplacement. L’ambiance était chaleureuse et très guadeloupéenne. À certains moments, je me serais presque crue au Palais des Sports du Gosier, tant le public participait au spectacle. Certains chantaient même en amont du spectacle, le superbe ELWA mis en lumière par feu Patrick Saint-Éloi devenu depuis un véritable hymne.

J'allais là à la rencontre d'un univers. Je connaissais encore peu la musique de Keros-N. Ce concert m’a permis d’en découvrir davantage sur son univers et sur le lien qui l’unit à son public. Je ne partage pas tous les codes de cette vie, mais cette soirée m’a tou boneman donné matière à réflexion. J’ai notamment eu le sentiment d’être face à un artiste attaché à ses racines, soucieux de faire vivre sa culture et de la transmettre à travers son travail. Certains échanges avec le public féminin ont également retenu mon attention. Keros-N s’adresse à plusieurs reprises aux femmes présentes dans la salle, et certains propos de ses textes m’ont semblé aborder la bienséance à leur égard. N’ayant pas saisi toutes les paroles, je préfère rester prudente dans leur interprétation. Ces passages ont néanmoins éveillé ma curiosité sur la manière dont les relations entre les femmes et les hommes sont évoquées dans la musique populaire.

J'ai apprécié une mise en scène soignée aux premières notes... Le spectacle débute par un long film engagé, mêlant scènes du quotidien et chroniques diverses... Les partenaires de l’événement y trouvent aussi leur place, notamment la directrice d’Air Caraïbes Guadeloupe. Cette introduction donne le ton avant l’arrivée sur scène. De vraies  flammes gigantesques et une dizaine de danseurs déboulent et accompagnent ensuite l’artiste avec beaucoup d’énergie. Quant à la formation musicale, elle  m’a également intéressée, une violoniste, une violoncelliste, un bassiste, deux pianistes, un batteur, un guitariste et trois choristes, deux hommes et une femme.

J’ai apprécié d’entendre le violon et le violoncelle s’intégrer à des sonorités urbaines. Ce mélange apporte une autre dimension à la musique. La présence de deux musiciennes et d’une choriste parmi les hommes de la formation a aussi attiré mon attention, sans que je puisse en tirer de conclusion plus générale sur la place des femmes dans ce milieu.

Parmi les artistes invitées figuraient Lycinaïs, le rappeur Nicy entre autres pour la partie à laquelle j'ai assisté.  

Le moment du KA

Avant de m'éclipser... C’est avec le passage consacré à la tradition et la prestation des danseuses de Gwo-Ka que j’ai éprouvé le plus de plaisir. Ces rythmes et cette manière d’habiter la danse me touchent particulièrement. J’y retrouve une expression culturelle dont la force ne repose pas seulement sur la musique, mais aussi sur les gestes et la mémoire qu’ils portent.

Malheureusement, après l’extraction de trois dents le matin même, j’étais moins en forme que je ne l’aurais souhaité. Les décibels et les cris d’un public très enthousiaste ont fini par me fragiliser. J’ai donc quitté la salle avant la fin du concert. Je n’ai pas tout entendu ni tout vu. Mon regard porte donc sur une bonne partie du spectacle, mais non sur son intégralité.J'ai rat" donc les "fouettards", figures emblématiques du Carnaval de Guadeloupe qui, à mon sens, font claquer leur fouet tel un écho à l'histoire; sûrement pour faire vibrer la rue et l

Toutefois, ce que j’en retiens, c’est une production travaillée, une mise en scène construite et un artiste qui sait mobiliser son public. Ayant le regret de rater les fouettards, personnages symboliques du Carnaval de Guadeloupe et force d'une certaine revendication.

Toutefois, plutôt satisfaite, je suis repartie avec une meilleure connaissance de l’univers de Keros-N et plusieurs questions à approfondir, notamment sur les messages portés par ses textes. Il me semble intéressant de découvrir un artiste sans enfermer d’emblée sa musique dans ses propres goûts : observer, écouter et chercher à comprendre font aussi partie de mon parcours de rédactrice et d'auteure.

Et, le temps d’une soirée, le public du Zénith a donné à Paris un air de Guadeloupe.

Mèsi la vi !

Phptps Migail Montlouis-Félicité

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