Ralph Thamar,l'élégance d'une voix

Je connais Ralph Thamar depuis longtemps. Nos chemins se sont croisés au fil des années et nous avons partagé une belle amitié. Le temps a passé, mais l’estime est demeurée intacte.

Ralph est de ces artistes qui ont su traverser les décennies sans jamais renoncer à l’exigence. De Malavoi à sa brillante carrière solo, il a construit une œuvre où la poésie dialogue avec les rythmes de la Caraïbe.

Parmi toutes ses chansons, Exil occupe une place à part dans mon cœur. J’ai eu le privilège de participer au tournage de son clip. Depuis, je n’ai jamais cessé de penser que cette chanson était devenue, bien au-delà de son histoire, l’hymne de tous ces Antillais qui vivent loin de leur terre natale. Elle raconte avec une infinie pudeur ce que signifie partir sans jamais vraiment quitter son pays.

Je regrette que Ralph Thamar se produise si rarement en Hexagone. Sa voix, si singulière, mériterait de résonner plus souvent auprès d’un public qui lui est resté fidèle.

Bien des années ont passé. il y a quelques temps,, il m'a été demandé d'écrire sa biographie, pour la promotion potentielle de la sortie d'un album nouveau. La collaboration n'a pas aboutie mais je n'ai pas oublié ce travai que je garde en archive mais je tenais a partager avec vous ces quelques lignes sur un artiste si idéal.

J’ai alors accueilli avec beaucoup de plaisir Ti Grenn Pèl, sa plus récente création produite par Erick Siar. À travers cette œuvre, Ralph rend un hommage sensible à Haïti, un pays pour lequel il nourrit depuis toujours une profonde admiration. Cette relation dépasse la simple inspiration musicale : elle traduit un attachement sincère à une terre, à son peuple et à sa culture. Une fois encore, il nous rappelle que la Caraïbe est une famille de cœur, de mémoire et de destin.

C’est sans doute cela, la signature de Ralph Thamar : faire de chaque chanson un trait d’union entre les peuples, avec cette élégance et cette humanité qui n’appartiennent qu’aux grands artistes.

Chaque fois que je vois Ralph Thamar sur scène, je ne peux m’empêcher de penser à Johnny Pacheco. Ce n’est pas une comparaison de carrière, mais une impression qui m’accompagne depuis longtemps. Il y a cette chevelure devenue argentée, cette même élégance, cette joie communicative d’être sur scène et cette façon de ne faire qu’un avec son instrument lorsqu’il chante. Tous deux dégagent cette générosité propre aux grands artistes caribéens, ceux qui vivent leur musique autant qu’ils la transmettent.

C’est sans doute cette énergie-là qui, à chaque concert, me ramène naturellement à Johnny Pacheco et à Fania All Star.

 

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