Je suis vivante

Publié le 27 juin 2026 à 17:06

© Illustration générée par IA — Migail Montlouis-Félicité

Dans les replis muets de mon enfance blessée,
Il y avait des nuits sans fenêtre,
Des silences lourds,
Et un cœur trop petit apeuré.

On m’a volé quelques saisons de lumière,
Des jeux simples, des lieux tranquilles,
On a mis de l’ombre dans mes rêves,
Et de la crainte au milieu de mes années.

Longtemps j’ai marché courbé sous l’absence d’amour,
Avec des cicatrices invisibles
Que personne ne savait lire
Dans mes gestes ordinaires.

Mais le temps, parfois, n’efface pas :
Il apprend à respirer autrement.
Et me voilà, à soixante-sept ans,
Debout malgré quelques ruines.

Je ne suis pas seulement la douleur subie.
Je suis la preuve qu’un être humain Des jours persiennes fermées
Sans laisser s’éteindre sa lumière.

Aujourd’hui encore, certaines blessures parlent bas,
Comme des enfants oubliés dans la mémoire.
Mais je leur tends la main avec douceur,
Car elles sont moi, et je suis vivante.

Il y a dans mes rides
Plus de courage que de tristesse,
Et dans mon regard las
Une victoire silencieuse.

À soixante-sept ans,
Je ne porte plus la honte.
Je porte ma survie
Comme un châtaignier porte le renouveau.

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