VIM Very Important Mas : Identité Carnaval !

Publié le 8 mai 2026 à 15:47

Le Carnaval n'est pas qu'une fête. C'est une mémoire, une identité, un acte de résistance joyeuse. De Rio à la Caraïbe, de Venise aux Champs-Élysées, Migail retrace l'histoire et l'âme d'un rituel ancestral qui, chaque année, réunit les nôtres au cœur de Paris. Un texte paru dans le livre "VIM Very Important Mas".


Lorsque l’on examine l’histoire des hommes et de l’humanité, il est judicieux de se rendre compte qu’il y a eu besoin de « libertinage ». Evidemment, en considérant notre culture judéo-chrétienne dépi an pé tan*, l’humain a des périodes de « lâcher prise » où il s’abandonne à moult plaisirs. Si on parle de carnaval on a en tête le carnaval de Rio sûrement le plus célèbre, celui de Venise le plus fantasmagorique, ceux de Nice et des Caraïbes.

 En date séculaire, il y eut le temps des Romains et des agapes gigantesques où chacun s’adonnait à toutes sortes de beuveries ou d’échanges fantasques. Il y eu le temps des Rois & Reines, des cours pour l’Occident où les fêtes étaient prétextes à des réunions au-delà de toutes raisons. Entre mascarades, musiques et pourquoi ne pas oser le dire des assemblées favorables à tous les excès charnels. Il y eu aussi les territoires empiriques des Rois Africains avec son lot de festivités tribales où costumes, danses et cérémonies sacrées étaient la griffe d’une identité, d’une appartenance à un clan. Le Carnaval contemporain définit toutes ces cultures.

Et du fait, de nos héritages, nous avons us & coutumes en partage dans nos îles caribéennes. Il nous faut fêter une date salvatrice du calendrier, le Carnaval. Celui des défilés bô-kay* qui identifient toutes les couleurs, toutes les essences, toutes les rythmiques de nos terres, de nos mornes, de nos communes même de notre faune et notre flore. Nos carnaval péyi* sont cousues d’empreintes de nos imaginaires conscients ou inconscients.

Et, nous voilà libres de « ripailler », enfants, femmes, hommes en toute démesure.

Parce que le Carnaval est l’aboutissement d’une période de renouveau, après autres moments d’engagements professionnels, familiaux ou religieux. Le Carnaval est circonstance de rencontres, d’osmose, d’harmonie, de la mise au point d’une mécanique quelque peu « rouillé » que l’on s’efforce de ménager afin qu’elle puisse s’ébranler encore et plus que jamais !

Le Carnaval a un caractère, celui du quotidien « ordinaire » de tous pour sublimer et le rendre comme des « extraordinaires » chroniques de vie d’une communauté, d’une culture évaluée, d’un environnement musical et d’une identité originelle.

Alors depuis quelques décennies on voit s’établir une organisation vive pour la façon de faire, de la manière d’aborder un Carnaval. Créer avec ce qui découle de nos héritages ancestraux dans nos « péyi *» comme dans l’hexagone.

Dans de nombreux départements, à Paris, des associations présentent des rassemblements carnavalesques. Mais c’est surtout celui de Paris – l’ Ile de France qui perdure et d’ailleurs a fêté ses 10 ans en « plen mitan lanné 2011* – l’Année des Outre-Mer ». Une année pour et avec ( !?) les Gens de la Caraïbe initiée par l’Elysée. Ce choix national avait pour but de mettre en lumière nos cultures, richesses patrimoniales et surtout de faire disparaître ou plutôt d’atténuer les préjugés que certains ont sur les « ultramarins » (moun lot bô & manmaye ka viv en Frans*). En fait rapprocher malgré les différences. Il faut simplement comprendre l’intérêt des Antillais de France pour le Carnaval qui se déroule en général début Juillet ce qui permet d’ «espérer » du « syèl, bèl ten épi ti-tak solèy *».

Tout autant que dans nos pays Guadeloupe, Guyane ou Martinique, le Carnaval est prétexte pour l’excellence. De nombreuses associations, des groupes d’ici et d’ailleurs francophones ou anglophones, des pays étrangers s’accordent pour que l’événement soit à chaque édition un moment de magie « koulè, mizik, dansé épi kréasyon* ». Des groupes se forment en tout lieu de l’Ile-de-France, d’autres ont été choisis dans nos départements respectifs certains arrivent de l’étranger. Tout se réalise sous l’égide de la Mairie de Paris et de sa délégation de l’Outre-Mer. La manifestation a été confiée à un bureau de professionnels  K’S Communication dont la Guadeloupéenne Keyza Nubret est fondatrice.

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