Et les Oies de la Philarmonie de Paris ne sont plus sauvages…"

Le 18 mai 2025, la Philarmonie de Paris accueillait Kassav' dans le cadre du festival Caraïbes à la Philarmonie. Près de 3 000 personnes réunies dans le temple parisien du classique pour deux heures de zouk, d'amour et de mémoire. Migail y était — en amie, en chroniqueuse, en témoin.


Des mon arrivée après 16 heures pour la balance de mes amis invités à jouer à la Philarmonie de Paris, je m’étais déjà rapprocher des « oies » de la place. La musique les avaient toutes réunies dans un coin de la Porte de Pantin-la Vilette. Il leur avait été dit que ce soir serait un rendez-vous. Nous en avions rêvés et dans le cadre de Caraïbes à la Philarmonie de Paris, l’équipe d’Anne Sanogo avait œuvré pour mettre en lumière les variances musicales de nos territoires. Début de semaine la biguine de Marius Cultier avait déjà enchanté. C’était au tour de KASSAV de faire vibrer les murs avec cuivres percussions guitare basses pianos et voix...

Ce dimanche soir ils s’étaient tous donnés rendez-vous pour chanter crier danser sauter mater et libérer les émotions.

À 20heures passées de quelques poussières de minutes, le show s’ébranlait comme un train qui prend du balan pour une destination bonheur…

Et puis dès les premières notes ce 18 mai 2025, les oies sur les façades et le sol, elles, se sont arrêtées de tournoyer pour entendre ce qui faisait la part belle au mitan de la Capitale.

Il n’y avait pas de cordes ancestrales du quotidien depuis que cet espace a décidé d’accueillir dans le nord de Paris les plus grands noms du Classique. De cette musique en noire et blanche que l’on a attribué aux meilleurs du Siècle des Lumières.

À cette période même, mois de Mai dédié aux flambeaux mémoires, alors que Nous Yiches Ti Moun Esclaves, nous commémorons nos ancêtres libérés des chaînes, le son d’un petit nombre à fait feu et flamme sur la scène devenue mythique.

Le groupe KASSAV a honoré deux heures pétantes entre vibrations des sons des années 80/90 jusqu’à aujourd’hui avec l’hommage rendu au frère disparu Jacob Desvarieux.

Pour sûr Séw nou enmé Jacob !

Quand les voix du groupe charroyent les composantes afro-caribéennes, vous savez que cette identité, que vous portez depuis leurs accords, recette du médicament, est positive et elle rend fiers.

Au-delà de la machine de musique qu’ils sont, ils offrent au monde un message de Paix, de générosité tou boneman.

Toujou Lanmou !

(…)

Et même quand s’éteignent les lumières, un incident technique, c’est le public qui prend le relai les éclairant du faisceau de leurs portables. C’est comme un phare qui aide à garder le cap, et là évidemment encore ils assurent. Et c’est ça la Magie KASSAV’. Ils ne peuvent être en rade car nous veillons sur eux, comme on le fait pour sa famille. C’est comme un accord : yo ka ban nou lanmou nou ka rend yo limyè.! Et à chaque fois à chaque concert c’est là le témoignage d’une connection sensationnelle.

(…)

Et pour sûr, même si il y eût de superbes concerts sur cette place de la Philarmonie, le plus de KASSAV c’est que le spectacle est aussi dans la salle. Le public est le pendant de ceux qui font le show sur scène. Ils sont absolument en osmose. Qui ici à gauche crie Jocelyne on t’aime à droite un Mèsi Jean-Claude au centre bel passaj Karim épi Georges. J’en ai entendu ce soir ces cris du coeur.

Et si je vous parle de cœur je ne peux passer sous silence l’autre chœur, gospel dirigé majestueusement par Sarah Séba. Et là toutes les cordes harmoniques sont vocales. C’est le côté bio du genre musicale. Et même si Jacob avait un temps aimé être accompagné par des violons épi violoncelles, ici filles et garçons ont fait le job et quel job. Wouahh wouah wouah . Excellences et délicatesses vibrations, célestes presque, à nous décrocher sourires entremêlés de larmes. Parce que comme une vague qui s’abandonne sur une plage et qui entraîne avec elle quelques coquillages. Ce chœur ce soir-là a ouvert dans nos âmes quelques fissures éclairantes. C’est comme une étoile qui nous fait cheminer vers un arc-en-ciel.

Ce soir voyager avec KASSAV, c’était voguer comme dans une traversée d’île en île jusqu’aux côtes africaines. C’était un billet pour la Liberté, la reconnaissance de ce que nous sommes, doubout an mitan, debout au milieu du Monde.

Près de 3000 personnes, foul-bak comme il se dit chez moi… Une salle qui s’est défoulée même au terme du concert, en restant près de trois quart d’heures à chanter et à débouler comme pour un carnaval « nou pa ka pati nou ka rété la ». Et c’est en cela que KASSAV a le Médicament - le ZOUK qui depuis plus de 43 ans déferle autour de notre Planète et nous ne savons même pas si il n’a pas encore traverser les Galaxies…

Imaginez seulement un jour des engins volants atterrissants sur notre Terre et dont descendraient des Êtres d’Ailleurs s’exprimant avec le Zouk.

En tout cas cette nuit en rentrant, heureuse, solitaire, en marchant le long des murs de la Philarmonie de Paris, j’ai aperçu quelques Oies s’envolant joyeusement et assurément elles ne sont plus sauvages mais Zoukeuses.

Alé di Yo ! Zouk là se sel médikaman nou ni qu’on se le dise !

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