Mounia, une affinité que la vie avait peut-être écrite ; quand nous nous sommes connues, rien ne laissait présager que nous deviendrions un jour amies.
Je t’avais d’abord aperçue il y a bien longtemps, à l'Hôtelsi Georges V, lorsque tu défilais aux côtés de Josy Gradel, l’autre grande dame de la mode de cette époque. Deux femmes félines, Guadeloupéenne Martiniquaise, les Antilles en pool-position sur le tapis Fashion. Plus tard, je te voyais aussi dans la cour de ma mère, puisque tu logeais chez un ami commun Patrick Billon, au 97 bis avenue Simon Bolivar. C’est d’ailleurs cet ami qui m’avait ouvert les portes de la radio.
Puis la vie a continué de tisser ses liens. Nous avons trois amis chers en commun. Feu Jeff Joseph. Notre soeur Euzhan Palcy qui a signé ici ta préface. Et Pascal Patrice est venu ajouter un autre fil à cette histoire. Les rencontres se sont multipliées, et avec elles une estime réciproque qui, doucement, s’est transformée en véritable amitié.
Et puis il y eut un temps de deuil. Un de ces moments où l’on se découvre autrement, lorsque les apparences et les habitudes laissent place à l’essentiel. J’ai eu l’occasion de t’accompagner un peu, simplement d’être là. C’est sans doute à ce moment-là que nous avons appris à mieux nous connaître. Tu es devenue, au fil du temps, cette grande sœur que j’aime aussi, parfois, à materner un peu. Et puis j’ai découvert ton autre univers, ton jardin de paradis en Martinique, celui où ton regard et ta sensibilité trouvent encore d’autres couleurs pour s’exprimer.
À Paris, lorsque tu es là, je prends plaisir à te promener dans les quartiers que tu ne connaissais pas, à te faire découvrir un peu de ce Paname que j’aime. Et lorsque tu reviens présenter tes œuvres picturales, Pascal et moi, entre autres, sommes là. Parce que nous sommes heureux de voir ton travail, de partager tes moments et de témoigner de ce parcours qui est le tien.
Je suis d’autant plus heureuse de ton prochain retour à Paris que tu viendras présenter ton premier ouvrage, consacré à cette passion qui t’accompagne depuis tant d’années : la peinture.
J’ai toujours déploré que certains ouvrages consacrés à la peinture en Martinique aient pu parler de cet univers sans mentionner ton travail. Pourtant, ton œuvre est éloquente. Elle témoigne d’une véritable recherche, d’une sensibilité singulière et d’un professionnalisme évident.
Ton parcours mérite d’être regardé, raconté et transmis.
En septembre prochain, tu dédicaceras donc ce bel ouvrage sous l'égide de la Fondation Clément, paru aux éditions Chopin à la librairie Eyrolles, à Saint-Germain-des-Prés, au cœur de Paname. Un rendez-vous que j’attends avec plaisir, parce qu’il ne sera pas seulement celui d’un livre et d’une artiste : il sera aussi celui d’une histoire d’amitié, de rencontres, de fidélité et de mémoire.
Je suis heureuse de ce parcours, heureuse de te voir franchir cette nouvelle étape et heureuse que nous puissions, nous aussi, en tant que femmes de la diaspora, partager ce moment avec toi.
Parce que certaines amitiés ne sont pas programmées. Elles arrivent par les chemins de traverse, au détour d’un ami, d’un quartier, d’un deuil, d’une rencontre… et finissent par trouver naturellement leur place dans nos vies.
La nôtre en fait partie, Mounia.
La suite d’une belle histoire
Et puis, au fil des années, l’amitié demeure. Avec ses souvenirs, ses rires, ses chemins qui se croisent et cette affection qui ne demande jamais à être expliquée.
Mounia ! Diva des podiums avec Yves-Saint-Laurent. Chanteuse avec Jeff Joseph. Peintre en solitaire.
Aujourd’hui, c’est à mon tour de vous inviter à découvrir une autre facette de Mounia Orosemane racontée par le plasticien, docteur en histoire de l'art, maitre de conférence en arts visuels, Mickaël B. Caruge. Un carnet de peinture qui se découvre et que l'on feuillette avec curiosité, émotion et cette envie de tourner les pages pour aller un peu plus loin dans l'univers de l'artiste martiniquaise.
Je vous donne rendez-vous pour un temps d'échange avec Mounia Orosemane. Elle sera à Paris en Septembre pour de nouvelles rencontres amicales.
Photos James L.Hicks (livre)@& Migail Montlouis-Félicité(article)
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