Aujourd'hui je divague 1988

J'avais vingt-neuf ans. Paris m'avait appris la solitude mais aussi la résistance. Ces mots sont sortis d'un cahier que je croyais perdu, retrouvé pendant le confinement de 2020, comme une lettre que je m'étais écrite à moi-même.


Aujourd'hui je divague Et au creux de ta vague Je voudrais me noyer.

Mais demain, je l'espère, Peut-être une chimère Voudra bien m'emporter.

Comme un roseau gracile Je me couche tranquille Mais sais me relever,

Et alors farouche Je saute de ma couche Pour narguer l'univers ;

Je suis seule avec toi, sans arme, Si je n'ai plus de larmes Il me reste mes vers

C'est vraiment peu de choses Et pourtant, je propose que Tu les écoutes.

A la force du monde Comme une simple ronde Je vais te les clamer

Ou bien si l'on préfère Au lieu de dire mes vers Je vais écrire aimer.